Quelles seront nos relations d’affaires post Covid avec la Chine ? – Les fondamentaux

(Photo : Challenges)

Dans la langue chinoise, la crise signifie le danger (危) mais en même temps l’opportunité (机). Faisant un lien avec l’actualité, les trois points majeurs suivants sont à considérer rapidement pour la reprise :

  • Analyse des éléments fondamentaux,
  • Évaluation/adaptation à court terme (opportunité, préservation des intérêts, stop-loss…),
  • Stratégie à long terme à l’issu des politiques, directives et plans de relance européenne (française) et chinois.

Dans ce 1er billet, j’aborde en premier quelques réflexions sur les éléments fondamentaux, et les deux autres points seront traités dans mes publications très prochainement.

Analyse des éléments fondamentaux post Covid pour les relations d’affaires franco-chinoises

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Points demeurant positifs

L’optimisation de l’organisation de la chaîne de valeurs, crées pour chacune dans un endroit où il y a les meilleures ressources et compétences, avec un rapport qualité/prix/délais satisfaisant, est une notion économique de base, le retour à un monde où tout sera fait « à la maison » ne sera presque plus possible, à l’exception de l’intervention politique. La révision éventuelle du model d’approvisionnement global et impatriation des ressources/compétences stratégiques, etc. ne font pas non plus du jour au lendemain ;

La Chine a un pas à l’avance pour le démarrage économique à court terme après la crise, elle offre toujours une possibilité de la production urgente et palliative au monde (par exemple, les matériaux médiaux contre Covid) ;

Le volume du marché chinois reste attrayant pour les entreprises françaises cherchant leur expansion internationale ;

L’Europe est le premier partenaire commercial de la Chine, qui est en forte tension avec l’USA et la situation serait encore empirée après le Covid : c’est à nous à chercher et trouver le bon curseur pour tirer profit ;

Les tendances numérique et écologique dans tous les secteurs vont inévitablement accroitre après la crise Covid, et à ce propos :

  • La Chine a des modèles et des cas d’utilisation innovants et avancés dans les différents domaines (e-commerce, médecine intelligente, smart city…) à inspirer et partager ;
  • Tous les secteurs sous-jasant comme télécom, centre d’hébergement de serveurs, cyber sécurité, etc. peuvent avoir à leur tour des opportunités. La Chine a également des acteurs du premier plan mondial dans ces spécialisations ;

A l’avenir, des modèles hybrides combinant les deux styles de besoins et de gouvernance sino-français (européens) dans des affaires non politiques et stratégiques vont être émergés et prendront tout leur sens.

Risques

Le changement significatif sur l’organisation globale de la chaîne de valeurs actuelle sera en ordre du jour pour beaucoup des entreprises françaises :

  • re-centralisation de la production stratégique en France/Europe,
  • politique et mouvements de la société civile pour la reconsidération des rapports social, environnemental et à la globalisation : préférence à la production locale, RSE (justification de la délocalisation), nouvelles règles de la compliance…,
  • contrôle renforcé sur les investissements chinois dans les secteurs stratégiques : santé public, armée, finance, médias, télécom… ,
  • le renversement de la tendance « made in China » possible, dû au fait que la dépendance d’aujourd’hui est encore essentiellement liée aux activités à faible valeur ajoutée ,
  • les opinions et la pression non négligeables de vouloir entraver, quoi qu’il en coûte, l’hégémonie chinoise réelle ou imaginaire existent ,
  • les enjeux sécuritaires de la France/l’Europe, l’encouragement et les mesures politiques en conséquence, avec les incitations concrètes aux entreprises françaises de rester dans l’Hexagone et en Europe, en diminuant les intérêts du marché chinois surtout pour sa partie d’offres,